mardi 22 novembre 2016

Idées Suicidaires


J'ai reçu un commentaire public très très touchant sur ce blog. Ça m'a fait pleurer. Quand il y a plusieurs personnes, voir, des milliers de gens en même temps, qui souffrent de divers troubles psychologiques. Ce n'est pas non plus "c'est passager, ça va pas durer" ou "ben non, t'es juste une personne différente, t'es normal". NON! Justement. L'erreur est dans le dénie de l'acceptation de cette réalité de la maladie mentale. Je le vis au quotidien. Je sais de quoi je suis en train de vous écrire. L'autre soir, vendredi, j'ai pris ma voiture... J'ai quitté la maison sans dire aurevoir. Je ne le fais pas souvent. Je suis partie parce que j'en avais assez! Assez de quoi? Assez de vivre! Assez de toujours avoir toutes sortes de questions dans ma tête. Assez d'avoir à me remettre en question après chaque paragraphe de parole que j'exprime. Assez de trouver tout autour de moi en désordre! Assez de devoir toujours tout nettoyer au millimètre près car, je suis obsédée par la propreté. Assez de ne pas contrôler mes crises de colère et de violence! Assez de ne pas avoir le pouvoir d’arrêter ma consommation d'alcool et de médocs! Assez de ne pas avoir de vie sociale! Et là, je roule... Sur la 50. Et je vois à peine les voitures en sens inverse, car je pleure. Je pleure. Je me dis à la fois, je donne le coup de volant ici? Là? Je ne veux pas tuer quelqu'un d'autre? Comment faire croire à un accident sans dommages collatéraux? Et là, j'ai rebroussé chemin. Et vous savez ce qui m'a fait changer d'idée? C'est la bouteille d'Appleton Estate que je venais juste d'acheter avant de prendre la 50. C'est cette foutu bouteille qui m'a ramené à la maison. Ben oui. J'ai une maladie et ce n'est pas le cancer. Ça s'appelle, le Trouble de Personnalité Limite. Je n'invente rien. J'y j'étais normal, je ne serais pas en train de vous exposer ce long texte sur facebook... Ce commentaire sur mon blog m'a fait du bien. J'ai pleuré, oui, comme j'ai dit, mais j'ai surtout ressentis de la consolation. Oui je suis là. Toi qui me lis, je suis tellement plus là pour toi que toi pour moi! Je peux comprendre tellement ta douleur si tu as mal! Je suis là. Un jour, je vais prendre la 50 et ce sera mon dernier message, ma dernière image, ma dernière chanson, ma dernière route, mais surtout, mon dernier crie "à l'aide" que personne n'aura répondu...

1 commentaire:

Corantin Menguy a dit…

Salut,

Ce que j'ai compris, c'est que par moments tu n'es pas totalement rationnelle ni très objective... Ne perds pas ça de vue, quand les idées noires arrivent, prends du recul et garde en tête que t'es sur un état limite qui fait que tu n'es pas objective.
Tu n'a pas de carapace emotionelle, tout rentre et sort en te fracassant la gueule au passage... J'imagine parfaitement à quel point cela peut être difficile, j'en ai fait la triste expérience.

Mais ne désespère pas!

Comme je te l'ai dit je me suis énormément documenté sur le sujet, ce que j'ai pu lire c'est que ce n'est pas une fatalité, les années passent et ton expérience arrive à canaliser tout ça.
Des tas de gens vivent avec ce trouble, c'est un combat quotidient mais à force d'encaisser les coups, avec l'endurance et le temps les montagnes russes sont plus faciles à vivre.

Chaque personne est différente mais comme toi, Emilie a eu profondément besoin de vider son trop plein d'émotions sur des bouts de papiers, des fichiers word ou des blocs notes... J'ai pu trouver des bribes de conscience un peu partout.

Ce que tu fait est extraordinaire!

Emilie était du genre à commencer plein de trucs mais n'allait pas toujours jusqu'au bout... Je suis un peu pareil... mais elle l'avait écrit il y a 3 ans en deuxieme page d'une lettre de motivation que j'ai trouvé sur son pc sur laquelle elle avait vidé son trop plein : "j'écris, putain ce que ça fait du bien, je ne sais pas combien de temps ça va durer mais c'est peut être ça qu'il faut que je fasse! Écrire"

Des bribes comme celle là, j'en ai trouvé un peu partout et dans des cahiers n'ayant rien à voir... Pour elle il fallait que ça sorte, maintenant peu importe le support... J'aurais tellement voulut qu'elle continue d'écrire.

Ecrire!

Depuis son décès, je me suis mis à écrire, je noirci un cahier, je raconte toute notre histoire pour deux raisons : ne rien oublier et pouvoir consulter cette archive à tout moment ET faire de la place dans ma tête, évacuer tout ça, le mettre noir sur blanc ça externalise et donne le sentiment de faire de la place pour laisser rentrer les idées quotidiennes et ne plus se sentir submergé.

Bref tout ça pour dire encore une fois que ton travail est formidable, tu es très forte et courageuse et même s'il t'arrive d'en douter, ton blog est très important.

Il va t'arriver plein de bonnes choses dans la vie, comme une amie d'Emilie me l'a dit "la vie est une salope mais putain, elle est belle" continue d'y croire, continue de te battre et continue d'écrire.

S'il te plait, ne me fais pas revivre ça. Ne le fais vivre à personne. Peu importe ce que tu pense dans ces moments là, c'est quelque chose d'atroce et d'épouvantable pour ceux qui restent... Parles en, ecris le, évacue les bleus que la vie te laisse, continue, tu le fais parfaitement bien.

Je ne pourrais pas toujours être derrière toi, j'ai une vie à reconstruire et un boulot énorme m'attend mais je repasserai de temps en temps sur ton blog, comptes sur moi pour te casser les pieds. :-P

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