mardi 28 juin 2011

Impulsion

L'autre jour Delsy est allé chez le tatoueur.

-Monsieur, j'aimerais avoir ce tattoo. Est-ce que c'est possible cette après-midi?
-Ben non ma jolie, la liste est longue!, lui répond t-il.

Et là, ce fut le désastre, l’apocalypse voir même. 

-Merde! 

Ça désorganise toute sa journée maintenant dont elle n'avait rien de prévu encore.

-Ok, ok (on se calme un peu, on respire) pfffff pfffff... 

Bien, Delsy avait un dilemme avec lequel elle n'avait pas du tout envie de dealer. Ce choix inapproprié à un moment opportun lui était plus que familier. Justement, elle doit faire face à de nombreuses occasions, au mur de la décision instantanée.

Delsy se pose des questions au réveil.  

-Je fais snooze ou je ne le fais pas? Je reste coucher sans dormir ou je me lève du lit maintenant? 

L'heure de la douche.

-Je prends ma douche avant de déjeuner ou j'attends pour avoir le temps de digérer? Je me lave les cheveux ce matin ou j'attends ce soir avant le coucher? 

Et comme cela, tous les jours, toutes les semaines et durant toute l'année.

Là, par contre, c'est inhabituel. Delsy doit choisir entre "se placer sur une liste d'attente ou se faire tatouer ailleurs". C'est une question à laquelle elle n'a jamais fait face et ça la déstabilise beaucoup plus. Beaucoup d'images défilent dans sa tête et elle se parle à elle-même:

-Qu'est-ce que je fais. Faut que je me décide!

En passant, l'expression "faut que" est typique chez les Borderline. C'est comme s'il fallait toujours une condition pour obtenir un résultat concret. Comme si la confiance ne régnait même pas dans leur propre esprit.

-Ton choix est fait? Tu seras alors sur la liste d'attente et ton tattoo pourra débuter dans un an. 
-Oh my god! Dans un an?, s'exclama Delsy. C'est trop loin. C'est très très loin!

Bon, ok, sa décision du moment est pris, mais pas son désir d'impulsion du présent. Oui c'est vrai, elle a choisi de laisser son nom, avec un acompte d'argent mais, sans pour autant, accepter d'attendre pendant un an. Alors que quelques jours ont passé, Delsy s'est décidé de ne plus se taillader seule et de payer un professionnel pour le faire. D'un coup de tête, elle se rendit dans un salon de tatoueur et le gars n'avait pas le temps pour elle. Delsy entra dans un second salon et avec adresse et argent, le tatoueur accepta de "dealer" avec elle...

-C'est fait? C'est terminé? C'était trop court!

Cinquante minutes ont passé et Delsy fut sauvé de la taillade "made home". Bien heureuse mais, quand l'adrénaline est redescendu, elle en voulait encore et encore et encore... Que va-t-il arriver dans les prochaines heures ou les prochains mois? Calmer certaines pulsions lui est impossible car, la demande est plus forte que l'offre.

lundi 27 juin 2011

N'oubliez pas que je suis Borderline...

Qu'est-ce que c'est?
 
Une personne souffrant d'un trouble de la personnalité borderline oscille entre un comportement d'adulte et un comportement semblant enfantin. Le comportement d'adulte du Borderline s'effrite subitement et sans provocation apparente en des pleurs ou une colère d'enfant perturbé. Beaucoup plus proche de la vérité: Le trouble de la personnalité borderline est un trouble de l'émotion. "Ils ont tendance à réagir plus intensément que les autres à des niveaux de stress moindres. L'on parle de dérégulation émotionnelle ou de surémotivité, d'hyperémotivité". Les changements d'humeur soudain sont fréquents dans le trouble borderline.


Qu’est ce que le trouble borderline :

Le trouble borderline ou état limite est un trouble de la personnalité grave, plus grave qu’une névrose, qui touche environ 3% de la population et qui se soigne. C’est une maladie réelle, répertoriée et étudiée et non une « idée ».

Le malade atteint de ce trouble est hypersensible, hyperémotif, et ne peut gérer correctement ses émotions, il peut passer au niveau comportement et émotionnel d’un extrême à un autre de façon imprévisible et brutale et manifester des comportements impulsifs. Des stress moindres peuvent provoquer des réactions fortes ainsi que des pics émotionnels.

Le malade a conscience de sa souffrance, conscience de sa différence, même s’il ne peut ni l’expliquer ni le changer, et en souffre énormément. Le malade peut donner l’impression qu’il ne ressent pas toute l’étendue des émotions, alors qu’en réalité il les ressent trop. Ainsi rage, colère, larmes sont fréquentes avec des passages brutaux d’un état à un autre.
La maladie est construite dans l’enfance, la construction de la personnalité de l’enfant ayant, elle, été entravée par, par exemple, des troubles de l’attachement (notamment mère-enfant), des traumatismes crâniens, abus, maladies… Il y aussi des bases biologiques et génétiques à la maladie, les patients présentant aussi des déficiences chimiques.

Les conséquences sur la vie du malade :

Ce trouble a des conséquences parfois désastreuses sur la vie affective, relationnelle, familiale et professionnelle du malade.

· Au niveau professionnel et de la vie de tous les jours les malades peuvent être angoissés, avoir une peur panique, peuvent avoir envie de renoncer. La concentration peut être difficile où ne se faire que une pression qui épuise le malade. De plus le malade peut être désorganisé avec l’esprit embrouillé, agité, en panique.

· Les conséquences relationnelles peuvent être terribles, notamment pour le malade. Le malade a peur d’être abandonné mais n’a aucun moyen de l’éviter. En raison de l’hypersensibilité, l’abandon peut avoir un impact désastreux, et le malade peut s’en protéger en évitant la compagnie des autres, en se réfugiant dans un cocon (famille…) ou en zappant ses relations en les quittant avant de se voir abandonné.

· Les malades ont une mauvaise appréciation d’eux-mêmes, peu de confiance en autrui, et peuvent présenter une ambivalence amour/haine, tout cela les mettant sur la défensive. Ils peuvent passer du tout positif ou tout négatif.

· Enfin la dysphorie qui est un sentiment de « vide » les amène à avoir des sentiments et pensées négatives, noires, pessimistes.

Différences de niveau et de réaction :

Il y’a plusieurs niveaux dans la maladie. On distingue notamment deux types de malades ayant un trouble borderline.

· Les malades maxi, ayant un trouble limite léger, gèrent leurs crises de manière à garder une vie à peu près normale en apparence et leurs crises sont subies surtout par ceux qui vivent intimement avec eux, qui ne sont pas cru quand ils parlent des troubles du malade.

· Les malades mini ne peuvent maîtriser leurs pulsions et peuvent être contraints par la souffrance à tenter le suicide ou l’automutilation.

En ce qui concerne les réactions des malades face au trouble et à ses symptômes, de nombreux comportements déviants ou à risque peuvent découler de cette maladie (alcool, drogue, anorexie, suicide, prises de risque) comme une façon pour le malade de « gérer » la souffrance.

Certains patients extériorisent les symptômes et émotions, d’autres les intériorisent les dirigeants contre eux, provoquant une abominable souffrance, invisible aux autres. Un patient peut en venir à intérioriser de plus en plus pour se mettre à l’abri.

Traitement, thérapie et guérison :

Le mauvais diagnostic (trouble borderline non décelé car caché derrière un autre trouble comme la dépression), fréquent, a des conséquences très négatives : la prescription prolongée de neuroleptiques détériore ou masque l’état du malade et une psychothérapie traditionnelle est inefficace en raison de l’hypersensibilité du malade qui empêche celui-ci d’accéder aux souvenirs douloureux de son passé.

Le malade ne peut pas s’en sortir tout seul sans traitement médical, une thérapie adaptée et un soutien affectif et moral, d’autant plus que celui-ci peut vouloir en finir de façon définitive. La guérison avec la disparition des symptômes est possible grâce à un traitement adapté (par exemple un antidépresseur comme le Prozac) et une thérapie adaptée.

Pour l’entourage du malade :

Le comportement est provoqué par la maladie, ce n’est pas la nature du malade, et cela ne l’empêche pas d’être intelligent. La phase adulte chez le malade est une façade qui cache la souffrance de l’enfant, et ce serait à l’enfant à l’intérieur du malade qu’il faudrait s’adresser, sans adopter une attitude infantilisante.

Il n’y a pas de honte à cette maladie, le malade n’y est pour rien et la subie, il ne doit pas être blâmé et ses mauvais comportements résultent de la maladie. Les malades ont besoin de compréhension, de patience, de compassion et de soutien, ceux-ci ayant des qualités qui se manifesteraient plus sans l’effet de la maladie. Se questionner sur les causes et origines de la maladie chez le malade n’aide pas, il vaut mieux l’aider et l’encourager à se soigner en gardant espoir.

Comme pour les autres maladies mentales, ceux qui s’occupent ou vivent avec une personne ayant ce trouble doivent aussi respecter leurs propres émotions, besoins et peuvent solliciter le soutien d’un professionnel pour eux-mêmes.

Le trouble borderline et les autres maladies mentales :

Le trouble borderline se trouve chez 10 à 14% des personnes ayant des troubles mentaux et 90% des malades ayant un trouble borderline ont aussi une autre maladie mentale. Le trouble borderline peut donc être associé à la dépression ou la maniaco-dépression dont il diffère.

Ainsi environ 30% des personnes ayant une dépression majeure auraient aussi ce trouble.

Il convient donc de déceler la présence du trouble borderline en plus d’une autre maladie, afin de prendre en compte ce trouble dans le traitement. Cependant les antidépresseurs ayant un effet sur la dépression et le trouble borderline, celui-ci peut ne pas être décelé en raison du traitement. Il en est de même avec les traitements destinés à la maniaco-dépression, comme les antidépresseurs, antiépileptiques, stabilisateurs d’humeur. Par contre l’usage des antipsychotiques (neuroleptiques) doit être ciblé et non généralisé. Ceux-ci peuvent être très efficaces pour lutter contre la dysphorie.

De plus, alors que pour la maniaco-dépression le traitement médical est nécessaire, une thérapie adaptée peut faire diminuer les symptômes du trouble borderline avec un usage limité de médicaments. Les troubles bipolaires ou troubles de l’humeur (maniaco-dépression) durent la vie entière, même le traitement diminue ou annule les symptômes alors qu’il y peut y avoir une guérison avec disparition des symptômes du trouble borderline, même si le traitement peut être nécessaire.

En conclusion, diagnostiquer une personne ayant, en plus d’une dépression ou d’une maniaco-depression, un trouble borderline, comme ayant une uniquement une dépression ou une maniaco-dépression en négligeant le trouble borderline est préjudiciable à cette personne.

dimanche 26 juin 2011

Compliments

Dans un tout autre style d'idée, je me disais quand j'étais à la salle de bain tantôt, que je devrais écrire des choses belles pour ceux qui sont tannés de lire que des malheurs sur mon blog. Mais avant, je tiens à dire que je suis bien déçue de ne pas avoir plus de commentaires à mes billets...



Ce que j'aimerais qu'on me dise c'est ça:

"Regarde-toi dans la glace. Regarde au fond de tes yeux. Que vois-tu? Ne vois-tu pas qu'il y a de l'amour? Ne remarques-tu pas que ton coeur est grand? Au fond de tes yeux, il y a la mer, le sable, la bonté, la paix et aussi l'amertume. Je sais. Je peux détecter aussi ton mal de vivre. Il y a des blessures qui te font encore trop mal. Mais au plus lointain de ton âme, je vois une personne qui veut vivre et qui essaie de le faire sentir sans le dire. "

...

Paf paf!

La force des mots est une arme si puissante qui peut faire saigner autant qu'un gun.

Paf paf!


Défouloir

Putain de monde! Putain de vie et reputain de malaise! Putain de pessimiste à la con! Putain de mal de vivre sans cesse, qui me suit les pieds. Qui respire mon air et bouffe ma volonté de vivre! Oui c'est ça. Je veux vivre dans le fond. Sinon, je serais déjà morte. Je veux vivre mais, je n'ai pas rencontré ma voie. Une voie remplit de tendresse, d'écoute, d'amour et de soutien moral. Je n'ai pas rencontré l'ombre qui me relèvera chaque fois que je tombe en pleurs ou en crise existentielle. Je n'ai pas trouvé non plus la main qui prendrait la mienne lorsque le couteau entre dans ma chair et doucement, d'un geste, me libère de ma soif de m'automutiler. Il n'y a rien non plus qui me donne un réconfort comme un bon lit chaud sans sexe, mais remplit de caresses. Je n'ai que des médocs qui me tendent un verre d'alcool remplit d'illusions. Des foutus médocs de merde qui m'empêchent de vivre à fond tous mes rêves de voyager, de libérer mon esprit...

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